Sur la route pour rejoindre Sámara et la côte pacifique, les paysages changent complètement. Nous descendons des pentes verdoyantes de la région de Monteverde pour entrer dans la province du Guanacaste beaucoup plus sèche en cette période. Les températures augmentent très rapidement : d’un temps humide autour de 20°C, nous passons à un temps sec avec des températures avoisinant les 35°C, voire 40°C en plein soleil. Le changement se ressent tout de suite lorsque nous sortons de la voiture et est surtout visible sur la végétation en bord de route. La forêt tropicale laisse place à un paysage de savane dans lequel quelques arbres dispersés offrent un peu d’ombre aux troupeaux de vaches et zébus.


Pause café dans la région de Monteverde avec vue sur le Golfe Colorado – Janvier 2021
Après avoir passé le Puente La Amistad qui offre un très beau panorama sur le Golfe Colorado, nous reprenons un peu de hauteur à Nicoya avant de descendre jusqu’à Sámara. Cette petite station balnéaire possède un charme particulier. Assez peu urbanisée, la ville se compose d’une rue principale qui mène jusqu’à sa grande plage de sable blanc sur laquelle les cocotiers règnent en maître. Les hébergements sont essentiellement de petites guesthouses bien intégrées dans la ville ou de petites villas en retrait des plages. Le front de mer très nature apporte une authenticité réelle à ce petit coin apprécié des surfeurs débutants.





Sámara – Janvier 2021
Nous établissons nos quartiers à la Villa Tangerine, située à 1 kilomètre du centre-ville. L’hébergement compte quatre petites chambres très simples, une piscine et une cuisine extérieure accessible à tous. Nous sommes accueillis par un couple d’argentin, Coco et Peke, avec qui nous sympathisons très rapidement. Voyageurs au long court, ils ont parcouru toute l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale avant d’arriver à Sámara peu avant le début de la pandémie. Face à la situation, ils décident de mettre entre parenthèses leur voyage et se proposent pour venir en aide aux plus pauvres de la population de Sámara. Ils distribuent des repas et font du pain sous la coordination de celle qu’ils nomment leur maman costaricienne : une canadienne atypique installée au Costa Rica depuis 20 ans. C’est d’ailleurs grâce à elle qu’ils se sont retrouvés à gérer la Villa Tangerine qui venait d’être vendue par l’ancienne propriétaire à des américains ne pouvant pas venir sur place.







Villa Tangerine – Janvier 2021
Avec une gentillesse incroyable, nos hôtes nous partagent leurs découvertes, leurs idées de balades et leurs délicieuses recettes. Forts de leurs expériences sur le continent américain, Coco et Peke chouchoutent – mot français qu’ils affectionnent tout particulièrement – leurs invités en concoctant chaque matin des petits-déjeuners plus délicieux les uns que les autres. Nous découvrons ainsi des saveurs argentines, costariciennes, mexicaines… Après quelques jours, et comme nous sommes seuls dans la villa, nous partageons aussi quelques diners. Ce sont des moments uniques durant lesquels nous échangeons sur nos voyages, nos recettes culinaires et tentons d’apprendre quelques mots d’espagnol.



Petits-déjeuners préparés par Coco & Peke tous les matin – Janvier 2021
Le lendemain de notre arrivée, sur les conseils de Coco, nous prenons le sentier qui démarre juste en face de la Villa Tangerine en direction de la Playa Izquierda. Sur le chemin, nous sentons bien que nous ne sommes pas seuls. Les feuilles des arbres bougent régulièrement, les grognements des singes hurleurs résonnent autour de nous ; la nature réveillée nous accompagne dans notre randonnée matinale. Un premier point en hauteur nous offre une vue plongeante sur une crique en contrebas.

Playa Izquierda vue du ciel – Janvier 2021
Nous descendons ensuite un escalier qui donne sur la plage. Nous sommes à nouveau surpris par la beauté de la nature : une centaine de pélicans s’est réunie pour une partie de pêche. Le spectacle est génial et me donne des envies de film. Je lance le drone en direction de la horde d’oiseaux. Un premier passage vers le large en hauteur donne de premières belles images. Et si je prenais un peu plus de risque. Je descends en altitude. Je fais un second passage en longeant la plage en direction du soleil. Dans un beau contre-jour, les pélicans décollent les uns après les autres dans un majestueux ballet. Aller, un dernier passage et on rentre. Je fais demi-tour. Je repars à la même altitude mais à une allure un peu plus rapide. Le début de la vidéo est parfait. Les oiseaux décollent de part et d’autre de la trajectoire du drone. Je continue ma progression. Au loin, deux pélicans décollent en même temps. Leur poids les handicape dans leurs mouvements. Je continue d’avancer, l’un des deux pélicans se rapproche de plus en plus, nous sommes sur une route de collision assurée. Ni lui, ni moi ne pouvons modifier notre trajectoire. Le pélican se prend le drone en pleine tête. Après une bascule sur la droite, le drone parvient à se stabiliser à nouveau. Je le ramène en urgence. Ouf, plus de peur que de mal ; la caméra est entière et le drone n’a rien. De retour sur la plage, nous décidons de nous prendre en photo. Je commence à positionner le drone. Deux personnes sont dans le cadre, je décale un peu le drone, encore un peu… Ce n’est pas le pélican qui aura eu raison du drone, mais bien le palmier en face de nous à moins d’un mètre !! Les deux hélices avant sont touchées, heureusement nous en avons de rechange. Le reste fonctionne normalement et nous pouvons continuer à prendre des images magiques de ces paysages fantastiques.




Playa Izquierda, son cocotier & ses pélicans – Janvier 2021
Après cette première balade haute en rebondissements, nous retournons prendre notre petit-déjeuner à la villa. Pour la suite de la journée, nous expérimentons la Pura Vida. Par ces deux petits mots, les costariciens désignent tout. Ils prennent parfois le sens de Bonjour, parfois celui de Merci, mais c’est bien un mode de vie complet qui se dégage de cette expression. Dans un pays placé parmi les plus heureux du monde, on ne s’angoisse pas de futilités : tout est cool, sans stress, sans souci. Nous nous baladons ainsi jusqu’à la plage de Sámara, sirotons un jus de fruit frais en profitant du soleil et du calme de l’océan devant nous.





Pura Vida sur la plage de Sámara – Janvier 2021
Pour le déjeuner, nous dégustons un délicieux ceviche de crevettes et de poisson à la Marisqueria Colochos avant de retourner à la villa pour continuer l’écriture de nos articles. En chemin, nous croisons les chevaux en liberté de Sámara, maîtres des lieux et à l’origine des seuls embouteillages de la ville.

Ceviche au soda Marisqueria Colochos – Janvier 2021
Nous avons fait le choix de visiter Sámara parce que nous connaissons des français installés là-bas depuis 3 ans. Léa, la sœur d’une amie d’enfance de Mathilde, a créé avec Klervi, sa meilleure amie, le Locoworking. Cet espace de travail situé au centre de Sámara est le lieu idéal pour profiter d’une connexion Internet stable dans un cadre très agréable et à quelques mètres de la plage. Il fait le bonheur des nombreux digital nomad venus expérimenter la Pura Vida au Costa Rica. Nous avons le plaisir de partager ensemble une soirée sur la plage au Dolce Vita. Nous oublions la Covid-19 et profitons de la joie simple d’être dans un bar entre amis. Au coucher du soleil, les surfeurs affectionnent la houle qui vient de se former et les chevaux s’offrent une grande galopade sur le sable blanc. Nous comprenons mieux pourquoi cet authentique village de bord de mer est si apprécié, tant par les gens de passage que par les expatriés.
Le lendemain, nous nous dirigeons au Nord de Sámara vers Belén pour aller admirer l’une des cascades de la région. Après une piste cahoteuse, nous empruntons un chemin qui aboutit à ces fameuses chutes d’eau. Avec la saison sèche, le niveau de l’eau est assez faible mais le spectacle est tout de même saisissant. Nous pouvons également apercevoir la ligne atteinte par l’eau en saison des pluies ; ce qui confirme la dangerosité de certains de ces courts d’eau qui deviennent véritablement infranchissables.




Casacade de Belén – Février 2021
Nous retournons à Sámara pour le déjeuner avec une pause au Soda La Perla qui devient notre cantine. Ce petit restaurant familial sur le bord de Playa Cangrejal propose une cuisine locale délicieuse et bon marché. On y boit également le meilleur café de Sámara dans une atmosphère détendue et chaleureuse. La propriétaire accepte même de contribuer à notre vidéo sur le Costa Rica. Au coucher du soleil, nous partons sur la Playa Buena Vista admirer les magnifiques couleurs.






Soda La Perla & coucher de soleil à la Playa Buena Vista – Février 2021
Un de mes amis costariciens m’a vanté les mérites de Playa Camaronal que nous partons explorer dans la matinée. Les températures sont déjà très élevées et le vent n’est pas tellement rafraichissant. Nous atteignons la plage en passant à travers une réserve naturelle. Cette plage très préservée et sauvage est un des lieux des grandes arribada. Ce phénomène extraordinaire survient entre les mois de septembre et mars avec un pic d’octobre à décembre. Durant ces périodes, des centaines de tortues se rassemblent au large pour venir toutes ensemble pondre sur la plage. L’observation de cet événement est possible mais est très réglementée. Au retour nous passons devant la très belle Playa Carrillo avant de faire un stop à la poissonnerie pour préparer le ceviche maison de ce soir.

Playa Camaronal – Février 2021
Avant notre arrivée à Sámara, nous avons repéré les activités proposées par ToutCostaRica. Parmi celles-ci, les ballades à cheval entre rivières, jungle et plage nous plaisent beaucoup. C’est ainsi que nous partons de bon matin, avec Horse Jungle, à travers le Rio Buena Vista en direction de la plage du même nom pour une ballade de 2h30. Après avoir traversé le Rio qui abrite très souvent des crocodiles, nous parcourons les terres des fincas (fermes) alentours et apercevons des singes hurleurs, un faucon gris, un Morpho (les fameux papillons bleus du Costa Rica). Nous débouchons ensuite sur la plage de Buena Vista complètement vide. Mélissa, la responsable de Horse Jungle nous propose deux options : un galop tranquille pour découvrir la plage ou laisser faire nos chevaux sur toute la distance disponible. Nous n’avons pas hésité longtemps, chacun part à son rythme. Smooky, le cheval de Mathilde adopte un galop rassurant qui lui donne un large sourire : « c’était trop bien, j’ai même galopé à une main » me dit-elle en arrivant ! Devant, avec une autre cavalière, nous partons pour une course sans retenue. Nos petits chevaux ne boudent pas leur plaisir. En moins de 2 minutes, ils sont à fond et nous arrivons déjà au bout de la plage. Le bonheur est bien présent ! Nous terminons notre balade tranquillement à travers la jungle avant de retourner dans le centre-ville de Sámara.








Balade à cheval avec Horse Jungle – Février 2021
L’après-midi, nous nous dirigeons vers Playa Barrigona. Nous avons deux moyens pour nous y rendre : un chemin court qui oblige à passer un guet en voiture sur une piste défoncée ou la route plus longue mais plus confortable. Nous nous présentons sur le chemin le plus court. Nous nous postons devant le guet en attendant que des premières voitures nous montre la voie. L’une d’elles, exactement le même modèle que la nôtre, manque de rester bloquée en plein milieu du rio. Après quelques minutes d’observation, nous renonçons et faisons le choix plus raisonnable de la route la plus longue. Le premier passage était surement possible, mais les voitures de location ne sont pas assurées si elles restent bloquées dans cette situation. Une deuxième bonne raison de passer notre chemin. La plage de Barrigona ressemble un peu à celle de Buena Vista, mais est encore plus sauvage. Nous en profitons pour faire de belles photos quelques heures avant le coucher du soleil et observer les quelques surfeurs venus s’entrainer avant la compétition prévue ce weekend.


Plage de Barrigona – Février 2021
Nous arrivons normalement au bout de notre séjour à Sámara. Toujours dans l’attente d’une réouverture des frontières indonésiennes, nous nous sommes fixés jusqu’au vendredi pour visiter la région avant de continuer notre découverte du Costa Rica. Cependant, les annonces tardent à se faire et nous n’arrivons pas à percevoir ce que va décider le gouvernement indonésien. Nous nous sentons si bien dans ce havre de paix que nous faisons le choix de prolonger jour après jour notre séjour. Nous restons le weekend à Sámara et en profitons pour tester l’un des meilleurs restaurants : La Catrina qui propose une très bonne cuisine mexicaine. Nous y goûtons leur spécialité : des tacos à la langouste, un délice !


La Catarina & le tacos à la langouste – Février 2021
Le lundi matin, nous apprenons que l’Indonésie a pris sa décision : les frontières restent fermées. Un peu déçus, mais loin d’être dépités, nous reprenons la route vers Montezuma pour continuer notre périple costaricien. Ce petit village de la côte pacifique est étonnant. Il est presque invisible sur la carte et pourtant il accueille un très grand nombre de touristes dans une ambiance hippie-bobo-surfeur. Après 3 heures de route, nous déjeunons au soda Tipica Las Palmeras avec vue sur mer. Nous en profitons pour appeler ma grand-mère et mon frère pour leur souhaiter leurs anniversaires. Juste après avoir raccroché, je me tourne vers Mathilde qui semble, d’un coup, paniquée. Sur l’un des groupes que nous suivons pour notre tour du monde, nous nous apercevons que plusieurs personnes racontent leur périple pour partir en Indonésie. Il semblerait que la nouvelle directive des services d’immigration laisse place à un doute et que les visas business (que nous possédons) soient de nouveau autorisés à entrer. Sans plus attendre, nous contactons notre sponsor qui nous confirme que rien n’est clair mais nous déconseille de prendre des billets ou de nous engager dans une quelconque démarche trop risquée.




Soda Tipica Las Palmeras – Février 2021
Nous arrivons à être raisonnables et partons à la rencontre d’un chocolatier à Cabuya au Indigena Cafe and Chocolate, juste avant l’entrée du Parc Naturel de Cabo Blanco. Un italien atypique nous accueille dans une cabane en bois faite à la main. Il cultive ses propres pieds de cacao, le transforme et propose un chocolat d’exception dans ce petit coin perdu dans la végétation luxuriante. Nous buvons un chocolat chaud traditionnel : de la poudre de cacao pure, mélangée à quelques épices, passée à l’eau. C’est puissant et aussi énergisant qu’un café.



Indigena Cafe and Chocolate – Février 2021
Nous repartons en direction de Montezuma en longeant de très belles plages pour installer nos affaires à l’hôtel Aurora que nous avons réservé pour deux nuits. Dès notre arrivée nous nous connectons à Internet et constatons que les messages d’entrée en Indonésie continuent d’affluer, occasionnant un doute grandissant de notre côté. Nous ne voulons surtout pas laisser passer une nouvelle chance de nous y rendre. Après une nuit compliquée, nous prenons notre décision : nous rentrons à San José pour être plus réactifs si la brèche venait à se confirmer. Au fur et à mesure des heures, nous construisons notre plan : nous faisons un test PCR à la Clinica Biblica de San José, prenons nos billets d’avion avec une escale à Dallas et une autre à Doha, réglons nos ESTAS pour entrer sur le territoire américain, réservons un hôtel pour effectuer notre quarantaine et prions pour que tout se déroule au mieux.



Plages près de Montezuma – Février 2021
Nous recevons les résultats négatifs à nos tests PCR, une première petite victoire. Nous nous levons à 4h du matin pour entamer notre marathon. L’enregistrement avec American Airlines se déroule sans problème, nous arrivons à Dallas, nos sacs sont partis directement pour Jakarta, nous passons les contrôles aux frontières, constatons que les gestes barrières aux Etats-Unis sont quasiment inexistants, présentons nos visas et tests PCR au personnel de Qatar Airways qui nous autorise à embarquer, atterrissons à Doha puis arrivons à Jakarta à 8h, deux jours plus tard. Nous sommes complètement décalés mais tellement heureux d’être là et de pouvoir commencer notre mission humanitaire après notre quarantaine de 5 jours.
Petit à petit nous réalisons notre projet de manière peu conventionnelle dans ce contexte exceptionnel. Une nouvelle aventure commence pour les 6 prochains mois.
LES ESSENTIELS « PARTOUT AILLEURS »
Que faire ?
Horse Jungle – Pour faire des balades à cheval de 2h30 à plusieurs jours à travers les rivières, la jungle et les plages. Péninsule de Nicoya, Sámara – +506 8650 1606
Où dormir ?
Villas Tangerine – Un petit havre de paix à 1km du centre-ville de Sámara, composé de 4 chambres, une piscine et une cuisine commune. Sámara, Guanacaste – info@villastangerine.com – +506 8396 5717
À manger ? À boire ?
Soda La Perla – Un petit restaurant familial pour déguster une cuisine locale très bonne et pas chère, un peu en retrait de la plage de Cangrejal. Guanacaste Province, Cangrejal
Dolce Vita – Très agréable pour y prendre des verres le soir et observer le coucher du soleil les pieds dans le sable. Petit plus, pendant l’happy hour, une conso = un planche à partager. Guanacaste Province, Sámara – +506 8309 6463
La Catarina – Meilleur restaurant mexicain de Sámara. Un personnel au petit soin dans un cadre très agréable. Routa 160, Provincia de Guanacaste, Sámara – +506 7289 4114
Soda Marisqueria Colochos – Pour y déguster le meilleur ceviche de la ville et pour pas cher. Calle Colochos, C. Central, Provincia de Guanacaste, Sámara – +506 8796 6484
Soda Tipica Las Palmeras – Un peu reculé du centre-ville de Montezuma, ce restaurant vous propose une cuisine locale délicieuse avec vue sur la mer. Puntarenas Province, Montezuma – +506 2642 0269
Indigena Cafe and Chocolate – Pour une découverte de la culture du cacao auprès d’un italien passionné, dans une nature luxuriante. L’endroit parfait pour prendre un chocolat chaud authentique. Attention, il ne prend pas la carte de crédit. 100mt antesl del parque naciona de Cabo Blanco Puntarenas Cabuya, 60111 – +506 6253 3280
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