Notre 4×4 Suzuki tout juste récupéré, nous partons en direction de La Fortuna. La première partie de la route est facile, la large autoroute n°1 nous mène en-dehors de San José et nous gagnons petit à petit en altitude et en verdure. Arrivés à San Ramon, nous quittons l’autoroute pour une piste asphaltée, la route 702. Nous enchainons les virages, les montées et les descentes. Nous sommes bien arrivés dans l’une des régions montagneuses du Costa Rica et apercevons les premiers volcans du Nord du pays. La route est parfois pleine de trous, à certains endroits le revêtement laisse place à des pierres brutes ; nous goûtons aux joies des pistes et apprécions la garde au sol et les suspensions de notre petit 4×4. Il faut en théorie 2h30 pour rejoindre La Fortuna depuis San José, mais au Costa Rica, il est de rigueur de prendre du bon temps et nous mettons un peu plus de 3h pour atteindre notre but.
La Fortuna est située dans la province d’Alajuela, une vaste région verdoyante et montagneuse du Nord. Cette petite ville se trouve au pied du volcan Arenal, l’un des plus célèbres de la Cordillère volcanique du pays. Pendant 42 ans il a été l’un des plus actifs, déversant des quantités de lave et de cendres sur les pentes de son cratère principal au cône presque parfait. L’éruption la plus importante date de 1968, lorsque le volcan considéré comme éteint par beaucoup, s’est violemment réveillé, tuant 87 personnes et détruisant 3 villages – Tabacón, Pueblo Nuevo et San Luis – et près de 232 kilomètres carrés de terres. Après une dernière éruption massive en 2010, les sismologues considèrent qu’Arenal est entré dans une phase de repos avec très peu d’activité mais continuent de le surveiller en permanence. Par temps clair et dégagé, il est possible d’apercevoir le cratère principal qui culmine à 1 633 mètres d’altitude. Nous n’avons malheureusement pas cette chance, nous pouvons seulement deviner sa forme derrière les épais nuages qui drapent ses pentes verdoyantes.





Centre-ville de La Fortuna, volcan Arenal invisible & paresseux en boule – Janvier 2021
La Fortuna a des airs de camps de base pour les curieux voulant toucher du doigt le volcan. Nous nous sentons bien dans cette petite ville, qui vit principalement du tourisme. Nous sommes très bien accueillis, notamment dans le Soda Víquez où nous dégustons un très bon casado pour le déjeuner.

Casado au Soda Víquez – Janvier 2021
Le petit Hôtel Secreto que nous avons sélectionné ne nous attend qu’à 14h et nous avons encore un peu de temps devant nous. Avec ce départ presque précipité pour le Costa Rica, je n’ai pas eu le temps de passer chez le barbier. 25 minutes après avoir repéré une petite échoppe qui ne paie pas de mine, je me retrouve sur un fauteuil au milieu d’un salon qui diffuse du reggae à fond et sous les mains expertes d’un coiffeur qui ne parle pas un mot d’anglais. Mathilde, qui craint pour ma santé capillaire, ne reste pas loin et, après avoir montré un photo pour guider mon coiffeur rasta, tourne vers moi des yeux écarquillés à chaque fois que la tondeuse passe à côté de mes oreilles. Finalement le résultat est top ; je me sens plus léger pour affronter l’humidité des forêts tropicales environnantes et les chaleurs à venir dans la suite de notre périple.


Barber shop La Fortuna – Janvier 2021
Le lendemain, nous avions prévu une petite randonnée à l’Arenal 1968 qui permet de marcher sur les coulées de lave de la plus grande éruption du volcan. Cependant, une nuit de déluge durant laquelle nous sommes réveillés à plusieurs reprise par une pluie tropicale et la visibilité absolument nulle sur le volcan au petit matin ont eu raison de notre motivation. Nous préférons nous rabattre directement sur la deuxième activité du jour : découvrir les cascades d’eaux chaudes. Si le volcan n’est plus aussi actif qu’il y a une dizaine d’année, il continue de réchauffer la rivière Tabacón qui alimente les différentes sources thermales de la région. Il est possible de se baigner dans l’une de ces cascades gratuitement, mais nous avons la chance de nous être vus offerts par Romane (témoin de mariage de Mathilde) une demi-journée au Tabacón Resort&Spa. Ainsi, nous arrivons à 10h pour profiter, avant qu’il n’y ait trop de monde, de cet endroit magique au beau milieu d’une végétation luxuriante. Nous passons de piscines en cascades, dans une eau à 38°C, alors que de nouvelles averses tropicales viennent couronnées ce spectacle envoûtant.









Les sources chaudes du Tabacón Resort&Spa – Janvier 2021
La matinée se termine au restaurant du spa qui propose une cuisine raffinée dans une ambiance sonore délicieuse. Encore un grand MERCI à Romane pour cette entrée tout en douceur dans la forêt tropicale costaricienne.





Déjeuner dans le restaurant du Tabacón Resort&Spa – Janvier 2021
Nous reprenons notre route le long de l’immense Lac Arenal avant de bifurquer, au niveau de Nuevo Arenal, sur la piste 143 en direction de San Rafael. La piste complètement défoncée, nous ouvre un paysage grandiose sur la campagne environnante. Nous suivons une ligne de crête qui donne un aperçu de toute la richesse de ces paysages préservés que l’on peut trouver dans ce pays défenseur de l’environnement. Sur la route nous croisons la faune locale : les coatis curieux saluent notre passage et nous montrent le chemin.



Piste 143 & coati – Janvier 2021
Arrivés à San Rafael, nous reprenons un très court instant la grande route n°4 avant d’atteindre par une nouvelle piste, l’entrée du Parc Naturel du Volcan Tenorio, point d’accès au Rio Celeste que nous prévoyons de découvrir le lendemain matin.
La petite guesthouse Rio Celeste Springs Blue Lodge dans laquelle nous avons passé la nuit a des airs refuge de montagne. Le temps brumeux et le levé matinal accompagnent le petit nombre de personnes qui semble se préparer pour une expédition. Et si nous n’allons pas gravir des sommets, cette première incursion dans la jungle costaricienne relève d’un petit défi. Le temps n’est vraiment pas au rendez-vous et nous doutons de la réussite de notre entreprise ; par mauvais temps, surtout par temps de pluie, le Rio Celeste perd tout son charme et sa découverte n’a plus tellement d’intérêt. Les quelques renseignements pris auprès des Ticos nous rassurent : la brume n’enlève rien à la beauté du Rio Celeste. Nous pouvons donc nous engager sans crainte d’être déçu. Avec un taux d’humidité proche du maximum, nous expérimentons la cloud forest de l’intérieur et c’est ainsi que nous nous engageons sur le petit sentier balisé du Parc Naturel du Volcan Tenorio. Nous nous plaisons à nous prendre pour des apprentis explorateurs dans cette dense forêt tropicale.




Parc naturel du Volcan Tenorio – Janvier 2021
Le sentier balisé mène jusqu’à l’escalier qui permet la descente sécurisée vers le pied de la cascade. Dans la brume nous apercevons ce que nous sommes venus chercher : le magnifique reflet bleu caractéristique du Rio Celeste. La légende dit que lorsque Dieu eut fini de peindre le ciel, il rinça ses pinceaux dans le Rio Celeste et lui donna sa couleur éternelle. En remontant le cours d’eau jusqu’à sa source, nous découvrons peu à peu une autre réalité. La couleur bleue provient d’une réaction chimique à la croisée de deux rivières et l’incidence des rayons du soleil accentue cette perception. Nous gardons en mémoire la légende que nous trouvons plus poétique et qui révèle la beauté de la Création que nous avons la chance de contempler. Le retour se fait par le même sentier.


Rio Celeste – Janvier 2021
Nous quittons ce coin de verdure pour continuer notre contournement du Lac Arenal en direction de Monteverde. En arrivant à Santa Elena, nous nous arrêtons pour le déjeuner à la Tree House, un restaurant de trois étages construit autour d’un arbre centenaire. Bien qu’un peu onéreux, la cuisine est copieuse et délicieuse. C’est un très bon lieu pour se remettre d’un réveil matinal et de près de 3 heures de route.

Déjeuner au Tree House restaurant – Janvier 2021
La région de Monteverde est particulièrement connue pour ses réserves naturelles qui permettent d’observer une faune et une flore magique. Sur les conseils de ToutCostaRica, le réseau solidaire créé par un français amoureux de ce pays, nous avons pris rendez-vous avec Rafael Elizondo, un guide naturaliste, pour découvrir la Réserve de Curi-Cancha. Cette réserve a la particularité de permettre une aventure au cœur d’écosystèmes variés. Nous passons ainsi d’une forêt secondaire à une forêt primaire avant d’atteindre les sommets des forêts pré-montagnardes et montagnardes jusqu’à 1 615 mètres d’altitude pour ensuite redescendre dans la plaine dégagée. Le sommet de Curi-Cancha se situe sur la ligne de partage des eaux qui traverse les Amériques depuis le Canada jusqu’à l’extrême Sud de l’Argentine. Cette chaîne de montagnes permet la distribution des eaux se déversant dans le Pacifique et celles se dirigeant vers l’Atlantique. Cette biodiversité se retrouve également dans la faune.

Réserve naturelle de Curi-Cancha – Janvier 2021
Dès notre entrée dans la réserve, nous avons l’incroyable chance d’apercevoir l’oiseau le plus majestueux que nous pouvions voir : le Quetzal Resplendissant. Cette espèce endémique de l’Amérique centrale est discrète, malgré ses couleurs chatoyantes. Le mâle se caractérisé par des plumes caudales pouvant atteindre 1 mètre de long et une huppe sur la tête. Une fois que nous l’avons repéré, nous avons pu prendre le temps de le photographier ; perché sur sa branche, il digérait les figues qu’il venait d’avaler. Cet oiseau majestueux est le symbole du Guatemala. Il est aussi considéré comme un dieu dans les cultures Aztèques et Mayas qui l’ont appelées « serpent à plumes » à cause de son vol particulier. Dans la suite de notre marche, nous avons la chance d’observer un Trogon, des Colibris de toutes les couleurs et un Motmot ; autant d’oiseaux mythiques du Costa Rica. Dans la réserve nous pouvons aussi avoir la chance de rencontrer des Paresseux, des Tarentules et beaucoup plus rarement des Pumas.





Observation de la faune à la réserve Curi-Cancha – Janvier 2021
Après cette passionnante matinée d’observation, nous retrouvons notre petit hôtel situé au Sud de Santa Elena. La responsable des Villas Calathea nous accueille avec un grand sourire et une générosité propre aux Costariciens. De manière très gentille, elle nous incite à oser parler espagnol et Mathilde retrouve peu à peu ses bases. En restant plus longtemps chez elle, nous aurions sûrement appris très rapidement, mais après deux nuits, nous reprenons la route avec la ferme intention de nous y mettre sérieusement.


Coucher de soleil depuis les Villas Calathea – Janvier 2021
Nous nous arrêtons au Selvatura Adventures Park pour une virée sur les ponts suspendus au-dessus de la canopée. Parfois perchés à près de 40 mètres nous traversons des ponts de plus de 150 mètres de long dans le décor de la cloud forest. L’ambiance est magique et nous essayons de mettre à profit ce que nous avons appris la veille pour tenter d’apercevoir ou de reconnaitre la faune et la flore qui nous entourent.




Ponts suspendus du Selvatura Adventures Park – Janvier 2021
Une fois redescendus, nous mettons le cap à l’Ouest en direction de Sámara sur la côte Pacifique.
LES ESSENTIELS « PARTOUT AILLEURS »
Avec qui faire une visite ?
Rafael Elizondo – Pour une visite en français (anglais & espagnol également) au coté d’un passionné de la nature.
http://www.rafaelelizondo.com/ – info@rafaelelizondo.com – +506 8838 8145
Où dormir ?
Hôtel Secreto – Non loin du volcan et un peu excentré de La Fortuna, l’endroit est agréable et le rapport qualité/prix correct.
Calle 466, Provincia de Alajuela, La Fortuna – +506 2479 7047
Guesthouse Rio Celeste Springs Blue Lodge – Si vous souhaitez loger à l’entrée du parc qui mène au Rio Celeste alors c’est l’adresse parfaite. Les chambres sont propres, par contre le wifi ne fonctionne pas bien du tout et la nourriture est « fast food ».
En frente de la entrada al Parque Nacional Volcan Tenorio – +506 8927 4023
Villas Calathea – L’endroit parfait pour visiter la cloud forest de la région Monteverde. Un personnel au petit soin. Un petit-déjeuner excellent et des chambres très confortables.
Santa Elena, Provincia de Puntarenas, Monteverde – +506 045 0255
À manger ? À boire ?
Soda Víquez – Petit restaurant familial au coeur de La Fortuna. On y mange de très bons plats locaux accompagnés de jus de fruits frais. Et on retiendra surtout la gentillesse, le sourire et l’accueil de cette famille costaricienne.
Calle 1 Av Arenal, Parc national du Volcan Arenal, La Fortuna – +506 2479 7133
Café Mediterraneo – Pour une échappée italienne, ce restaurant propose de bonnes pizzas cuitent au feu de bois ainsi que des pâtes en majeur partie faites maison.
500 metros sur La Iglesia Catolica Alajuela La Fortuna, San Carlos – +506 2479 7497
Tree House – Si vous avez une grande faim, ce lieu atypique est parfait. Un peu cher par rapport au traditionnel soda mais les quantités sont au rendez-vous.
Downtown Santa Elena, Provincia de Puntarenas, Monteverde – +506 2645 5751
Choco Café Restaurant – Pour une pause moins typique mais un accueil très agréable… et un chocolat chaud très bon !
75 mts de Serpentario Monteverde, Provincia de Puntarenas, Monteverde – +506 2645 7444
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