Déroutés. Prendre une décision rapidement et acheter un billet d’avion pour une destination lointaine. Deux jours plus tard, nous attendons assis par terre à l’aéroport d’Orly notre vol pour Madrid, puis pour San José. Déroutés, c’est la première chose à laquelle nous avons pensé dans le taxi qui nous emmène à notre Guesthouse non loin du centre-ville de San José.
Après notre retour de Malte, nous avions quelques jours pour nous préparer à partir en Indonésie. Nous avons finalement appris la prolongation de la fermeture des frontières pour deux nouvelles semaines. Coup dur. Nous sommes incapables de prendre la décision de partir quelque part ; premièrement nous avons peur qu’en partant à nouveau les frontières réouvrent et que nous loupions finalement l’occasion de rejoindre l’Indonésie ; deuxièmement nous pensons que nous allons faire un nouveau choix par défaut, « afin de passer le temps… ». Nous décidons alors de partir quelques jours en Normandie pour souffler un peu et prendre le temps de réfléchir à une éventuelle destination si les frontières indonésiennes ne réouvrent toujours pas.
Bref, nous sommes arrivés dans la capitale du Costa Rica, pour notre plus grand bien. Le décalage se fait un peu sentir. Nous nous réveillons à 4h du matin et à 6h nous sommes presque prêts pour aller arpenter les rues de la ville. Après plusieurs cafés, nous partons à la découverte de San José. Nous avons été conseillés et une journée suffit pour voir les principaux lieux de la ville. Depuis la Guesthouse, il nous faut à peine une demi-heure pour aller jusqu’à la place du théâtre National. Je suis en train de prendre des photos lorsque Théophile se fait alpaguer par un costaricien. Ce dernier nous propose de nous faire découvrir San José pendant une heure et demie à travers un Free Tour. Pourquoi pas ?



L’intérieur de la Guest House & les premiers pas dans San José – Janvier 2021
Esteban nous refait un point géographique et historique du Costa Rica : ce petit pays d’Amérique centrale, coincé entre le Nicaragua au Nord et le Panama au Sud abrite plus de 5% de la biodiversité mondiale sur une surface qui ne représente que 0,03% du globe. 25,6% du territoire costaricien sont des sites protégés et des parcs naturels. Les 4 890 379 habitants se caractérisent par une diversité multiculturelle forte avec l’arrivée de vagues migratoires successives venues rejoindre la population indigène préhispanique. Nous partons de la Plaza de la Cultura, où se trouve le fameux Teatro Nacional de Costa Rica, édifice incontournable du cœur de la ville et inauguré en 1897. La place sur laquelle il se trouve a été créée entre 1976 et 1982. L’objectif était de réunir en un même lieu des activités artistiques, littéraires et scientifiques. C’est également à cet endroit que se situe l’un des musées les plus réputé du pays : le musée de l’or Précolombien.

Teatro Nacional de Costa Rica – Janvier 2021
Nous descendons la Calle 3, passons devant le collège des filles, séparé de quelques mètres du collège des garçons, tournons à gauche sur l’Avenida 6 pour descendre dans le Marché municipal des Artisans. Si nous cherchons un souvenir du Costa Rica, c’est le lieu idéal. En ressortant de ce petit marché, nous partons déguster quelques fruits chez un primeur. Nous débutons par le fameux Cas (à prononcer Cass). Un vrai booster énergétique pour la suite de notre visite, servi habituellement sous forme de jus et moins en fruit de table. Nous retenons l’adresse et viendrons reprendre le soir même quelques fruits pour faire office de dîner. La suite de nos dégustations se fait à même la rue. Esteban grimpe aux arbres et cueille ce qui est à portée de main pour notre plus grand plaisir.


Dégustation de fruits chez le primeur du coin – Janvier 2021
A côté de ce primeur, nous découvrons l’Iglesia de Nuestra Señora de la Soledad, une église construite à la moitié du XIXème siècle dans un style baroque. Elle est située sur la Calle 9, la rue centrale du quartier chinois de San José. Nous rejoignons ensuite l’Avenida 2, l’une des artères centrales de San José pour atteindre la Plaza de la Democracia y de la Abolició. Sur cette place se trouve le Musée National du Costa Rica, installé dans l’ancienne prison de la capitale. Nous y apercevons la statue de l’ancien président José Figueres Ferrer qui a pris la décision, en 1948, de supprimer l’armée du Costa Rica à la suite d’une guerre civile. La volonté est de créer un état pacifiste dans lequel la priorité est donnée à l’éducation et à la santé.

Iglesia de Nuestra Señora de la Soledad – Janvier 2021
Nous passons ensuite devant l’Assemblée Législative, le Parque National avant de descendre l’Avenida 3 jusqu’à la Calle 2 et l’Avenida 2. Nous nous dirigeons ensuite vers la Catedral Metropolitana, lieu symbolique de la capitale. Sa construction avait pour principal objectif d’établir et d’étendre la religion chrétienne au Costa Rica. Elle devient alors l’épicentre de la ville de San José et est inaugurée en 1827 et intronisée cathédrale en 1850. Elle sert également de point de repère central dans San José. La capitale est en effet construite par blocs à partir d’une croix centrale formée par la Catedral, l’Iglesia de El Carmen au Nord, l’Iglesia Nuestra Señora de la Merced à l’Ouest et l’Iglesia de Nuestra Señora de la Soledad à l’Est. Nous passons également devant le Teatro Popular Melica Salazar, construit en 1927 par José Fabio Garnier, dramaturge et architecte costaricien d’origine française.



L’Iglesia Nuestra Señora de la Merced, Teatro Popular Melica Salazar & Catedral – Janvier 2021
Le Free Tour touche à sa fin et Esteban nous propose d’aller découvrir la ville de Cartago en sa compagnie le lendemain après-midi. Ça tombe bien, c’est exactement le programme que nous avions prévu. Nous nous disons donc à demain avant que nos chemins ne se séparent pour le reste de la journée.
Avec Théo, nous commençons à être affamés. L’un des seuls endroits que nous n’avons pas visité ce matin est le Mercado Central : lieu emblématique de la ville de San José depuis 1880 et prenant la place de tout un pâté de maisons. La frénésie du matin s’en est sans doute allée pour laisser place à un marché couvert plus calme. Mais cela ne nous déplaît pas, nous avons le temps d’arpenter ce labyrinthe couvert entre étals de fruits, viandes, poissons ou encore herboristeries et bric-à-brac en tout genre. À travers de nombreux blogs, j’ai vu que nous pouvions y manger en allant dans ce qu’on appelle ici un « soda » (restaurant populaire). Si nous voulons manger comme les locaux, du local et pour pas cher alors c’est le bon endroit. Nous jetons notre dévolu sur Marisqueria Costa Rica pour notre pause déjeuner.






El Mercado Central de San José – Janvier 2021
Une fois nos deux plats avalés, nous reprenons notre découverte de la ville et nous nous dirigeons à l’autre extrémité pour aller nous promener dans le parc La Sabana. Une sorte de Central Park mais plus aride. La journée touche à sa fin, nous avons bien crapahuté depuis 8h et les 15 kilomètres sous 30 degrés nous ont un peu assommés. Direction le primeur pour notre repas de ce soir et une bonne nuit.
Le lendemain, nous rencontrons Marie de l’équipe ToutCostaRica. Elle nous explique ne pas faire partie d’une agence de voyage mais d’un réseau dit « solidaire » pour partager un maximum de bons plans sur le pays. Pierre, le fondateur, est un français installé au Costa Rica depuis plusieurs années et un amoureux du pays qui donnait volontiers à qui le souhaitait des conseils sur son pays d’accueil. La seule contrepartie demandée : une bouteille de Picon et du saucisson. En oui, on n’oublie jamais d’où l’on vient… surtout quand on est français !
Elle commence par nous souhaiter la bienvenue. Elle insiste sur ce point et nous explique qu’après avoir fermé pendant près de 9 mois, le Costa Rica a réouvert ses frontières au monde entier et sans test PCR depuis novembre. Cette décision est « unilatérale » entre la population et le gouvernement. Le pays met alors en place toutes les mesures nécessaires pour accueillir à nouveau les touristes et protéger également la population. Elle nous explique que le Costa Rica réfléchit différemment sur la crise sanitaire liée à la COVID-19 : il préfère se focaliser sur le nombre de personne guéries et choisit également de soustraire au nombre de décès total (2600 environ) les cas de comorbidité. Le résultat final donne 208 personnes et un taux de mortalité en 2020 inférieur à celui de 2019… Une fois cet éclaircissement fait, elle répond alors à l’ensemble des questions du groupe et nous aide à construire et à y voir plus clair quant aux différents itinéraires réalisables.
Nous avons fait le plein d’informations. Il faut que nous nous posions quelque part afin d’y mettre un peu d’ordre et de choisir ce que nous allons faire et surtout comment. Voiture ou transports en commun ? Du Nord au Sud ? D’Est en Ouest ? Nous nous dirigeons dans le quartier étudiant de San José. L’important est de trouver du café – on ne peut pas faire l’impasse du café all day long quand on se trouve dans un des pays qui produit l’un des meilleurs cafés au monde – en plus, Franco en fait sa spécialité et à son propre barista.
Une fois 2 cappuccinos et un chia pudding à partager commandés, nous ouvrons la carte du Costa Rica et établissons le parcours des 15 prochains jours. Pour se déplacer ? La réflexion est finalement rapide, ce sera la voiture. Nous pourrons voir un maximum de choses et à notre rythme. Marie nous a expliqué que les transports en commun étaient faits pour les Ticos (surnom des costariciens) et non pas pour les touristes… Nous pourrions attendre de longues heures le bus et ne pas savoir où descendre puisque les arrêts de bus ne sont pas forcément signalés. A nos risques et périls, si nous avons le temps…

Chez Franco – Janvier 2021
Une fois notre parcours fait, nous nous dirigeons à nouveau dans le centre-ville de San José pour retrouver Esteban et trois autres français afin d’aller visiter la ville de Cartago, une ville située au Sud-Est de la capitale, à environ 40 minutes de bus.
A peine 15 minutes après notre arrivée dans la ville, nous nous dirigeons vers un petit soda pour y déguster LE plat national du Costa Rica : le Casado. Ce plat se compose de riz, d’haricots noirs, de bananes plantins et peut être accompagné de poulet, porc, bœuf ou légumes pour une option végétarienne. Une fois le repas terminé, Esteban nous propose de le suivre direction le marché central de Cartago pour finir sur une note fruitée. Mais avant cela, il nous invite à trinquer avec l’une des boissons locales du pays : le guaro, une forme de rhum un peu plus doux que l’on peut boire comme une tequila paf si nous souhaitons être rapide.
Une fois nos remontants avalés, direction le marché couvert pour une dégustation de fruits : fruits de la passion, papaye, ananas… et j’en passe. Ayant fait la découverte du Mercado Central de San José la veille, il est vrai que celui-là ne présente pas un grand intérêt. Il est très propre – n’en déplaise à certains – mais le charme cette fois-ci n’opère pas.




Mercado Central de Cartago – Janvier 2021
Après cette courte étape un peu décevante, nous partons à la découverte d’un des atouts majeurs de la ville : les Ruinas de Cartago connues également sous le nom des Ruines de la Paroisse de Santiago Apostol. Cet édifice, qui se trouve sur la plaza Mayor, n’a jamais pu être terminé à la suite du dernier tremblement de terre le 4 mai 1910. Le coût pour réparer et poursuivre les travaux était bien trop important. Hors temps COVID-19, il est possible de les visiter ; une petite promenade y est aménagée. Heureusement, nous avons pu utiliser notre drone (avions-nous réellement le droit ? Nous ne savons pas… mais la police ne nous a rien dit) et découvrir du ciel la beauté de cette église que son architecte avait conçue comme la plus grande du Costa Rica.



Les ruinas de Cartago – Janvier 2021
Une centaine de mètres plus loin, nous voilà en face de l’autre atout de Cartago : la Basilique de Nuestra Señora de Los Angeles. Déjà impressionnante par son architecture extérieure byzantine, elle n’en est pas moins à l’intérieur. Encore une fois la situation sanitaire actuelle nous empêche de visiter l’intérieur des églises et autre bâtiments religieux. Mais, nous voilà chanceux. Enfin, je suis chanceuse. Esteban négocie quelques minutes avec le garde qui se trouve à l’entrée de la Basilique et ni une ni deux me voilà désignée pour aller prendre quelques photos à l’entrée. La découverte est saisissante. Chaque année, le 2 août, bon nombre de costariciens viennent rendre hommage à la sainte patronne du pays et finissent les derniers mètres de ce pèlerinage à genoux, en signe de dévotion extrême.




Basilique de Nuestra Señora de Los Angeles – Janvier 2021
La journée à la découverte de Cartago se termine par un café negro, puis nous reprenons le train direction San José. Le conducteur s’en donne à cœur joie avec le klaxon. Esteban nous explique qu’il s’agit du conducteur le plus détesté de San José car, à n’importe quelle heure de la journée, il a le même engouement. Nous pouvons en témoigner : la Guest House où nous logeons se trouve prêt de la ligne de chemin de fer… Mais nous passons outre ce concert en admirant, depuis le train, un très beau coucher de soleil. Une fois à la gare, nous nous disons au revoir et rentrons en direction de notre hébergement.
Nous récupérons la voiture le lendemain matin à 8h, direction La Fortuna pour approcher le volcan Arenal.
LES ESSENTIELS « PARTOUT AILLEURS »
Où dormir ?
Hotel Guesthouse Costa Rica – Une guesthouse à 30 minutes à pied du centre-ville. Proche du quartier étudiant. Très propre et confortable pour le prix.
Avenida 6, Calle 21 y 25, San José Province, San José
À manger ? À boire ?
Mercado Central – Pour un premier pas dans un soda et découvrir la gastronomie costaricienne au plus près des locaux et pour pas cher.
Franco – Pour une pause café dans le quartier étudiant de la capitale. Loin de l’effervescence de la ville. Brunch, petit-déjeuner, déjeuner ou bien apéritif possible.
Barrio Escalante. Av 7 casa 3166 – San José, Costa Rica – Whatsapp: +(506) 7135-2906
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