Göteborg et son archipel, témoin du sens de l’accueil suédois

Avant de rejoindre la Suède pour les quinze prochains jours, nous passons une dernière nuit sur le parking de l’embarcadère de Rostock. Notre traversée vers Trelleborg est déjà réservée et nous faisons le choix de dormir au plus près du ferry pour être sûrs de monter à bord à temps le lendemain. Bien que le lieu ne soit pas magnifique, il convient parfaitement pour la courte nuit qui s’annonce. Le bateau part à 8h30, il faut embarquer au moins une demi-heure avant, nous nous levons à 7h, nous sommes dans le timing, la vaisselle pourrait être faite. Tout se présente au mieux, mais une barrière se met en travers de notre route à 7h45. Quand nous parlons de barrière, ce n’est pas seulement une image, mais bien la barrière du parking sur lequel nous sommes garés qui ne s’ouvre pas. Le stress monte légèrement. Le règlement ne peut pas s’effectuer directement sur l’automate. Nous cherchons les caisses. Elles sont à l’autre bout d’un second parking. Je cours. La carte bancaire ne passe pas. Par chance, quelques pièces de monnaie restées dans la poche permettent de solder notre nuit. Je recours. Le ticket passe, la barrière s’ouvre, il est 8h. Il faut encore s’enregistrer. Un premier guichet, ce n’est pas le bon, un second, c’est ok, mais l’enregistrement se fait aux bornes automatiques au bout de l’embarcadère, directement depuis notre véhicule. Nous fonçons vers ces bornes, le pavé numérique fonctionne très mal, la deuxième barrière finit par s’ouvrir, direction la rampe n°7. Il est 8h15. La rampe n°7 est fermée, mais le responsable du placement vient à notre rencontre. Avec un air exaspéré il nous fait passer à côté, nous pouvons monter. Il reste une petite place au milieu des semi-remorques. Une dernière manœuvre et Derful est dans le bateau. Les portes se referment derrière nous. Il est 8h24, ouf ! Mathilde me lance « Et avec tout ça, tu voulais faire la vaisselle ?! ». Nous quittons le port de Rostock.

Depuis le pont supérieur nous pouvons observer le manège des cargos slalomant entre les champs d’éoliennes et les plateformes offshores. Après six heures de traversée en mer baltique, nous apercevons les côtes de la Suède et le port de Trelleborg. Pour nous ce n’est qu’une rapide escale. Aussitôt Derful descendu du bateau, nous partons vers Göteborg, sur la côte Ouest.

Nous trouvons un camping à dix minutes en tram du centre-ville. Le cadre est agréable et les services nombreux. Nous faisons notre première machine du voyage et partons visiter la ville. Le soleil d’automne réchauffe peu à peu la fraîche matinée. Les suédois sont accueillants et souriants. La Covid-19 est presque totalement oubliée. Le port du masque n’est pas obligatoire, ni à l’extérieur, ni dans les transports. Seules quelques indications de distanciation nous rappellent la responsabilité individuelle que nous avons face à ce virus. Cette mentalité a fait ses preuves en Suède au plus fort de l’épidémie. L’Etat n’impose pas, mais compte sur la bienveillance de chacun pour appliquer les gestes barrières nécessaires. Nous arrivons dans le centre de la ville.

Göteborg a tout du style suédois : une ville portuaire à l’animation sereine, aérée, en cours de réhabilitation. Les bâtiments de taille raisonnable, les larges avenues, les canaux et les nombreux espaces verts donnent une respiration des plus agréables. Dès les premiers pas, cette ville nous plait ; nous nous y sentons bien. Nous débutons par Götaplasten, une place rectangulaire qui accueille une majestueuse statue de Poséidon jeune et rappelle l’importance accordée à la mer. De part et d’autre de la place se trouvent le musée des beaux-arts, le théâtre et la salle de concert de Göteborg. Une place dédiée au rayonnement des arts.

Statue de Poséidon jeune – Octobre 2020

Nous descendons ensuite la Kungsportsavenyen jusqu’à la Stora Saluhallen. Cette magnifique halle du XIXème siècle à la charpente métallique voutée abrite le plus grand marché couvert de Göteborg. Devant ce temple de la gastronomie suédoise, les yeux de Mathilde pétillent. Nous prenons un capuccino à côté des locaux qui dégustent un pavé de saumon ou du lard et des galettes de pomme de terre. Nous repasserons en fin de journée pour acheter de la charcuterie locale.

Nous poursuivons notre découverte par le Trädgårdsföreningen, le jardin botanique de Göteborg, et notamment sa superbe palmeraie. Le jardin est à visiter également au printemps pour y découvrir la floraison de son imposante collection de rosiers.

Jardin botanique – Octobre 2020

Nous rejoignons ensuite la place Gustav Adolf – du nom du roi fondateur – avant de redescendre vers la Feskekörka dans l’espoir de trouver de quoi nous sustenter. L’architecture de ce bâtiment témoigne de sa fonction : une église entièrement dédiée aux poissonx et aux produits de la mer. Malheureusement, elle est actuellement en travaux de rénovation jusqu’en 2021.

Feskeköra – Octobre 2020

Nous prolongeons un peu plus notre marche jusqu’au quartier Haga pour déguster un très bon plat de poisson dans le restaurant Sjöbaren, rue Haga Nygata. Cet ancien quartier ouvrier, récemment rénové, attire les commerces éco-responsables, les boutiques originales et vintage dans une ambiance bobo chaleureuse. On y prend du temps pour une pause fika, une coutume suédoise où l’on déguste un café accompagné de viennoiseries et notamment de Hagabullen, la traditionnelle brioche à la cannelle. Le café Husaren est réputé pour proposer la plus grande de la ville, voire même de suède. Nous avons pu vérifier cette légende après avoir mis trois jours à terminer la nôtre.

Restaurant Sjöbaren & Café Husaren – Octobre 2020

Heureusement, après cette pause gourmande, nous reprenons notre tour de la ville par un peu d’exercice : la montée de la colline de Risåsberget avec la fortification Skansen Kronan au sommet, pour profiter d’une vue panoramique sur la ville.

Fortification Skansen Kronan sur la colline de Risåsberget – Octobre 2020

Nous continuons ensuite le long des quais jusqu’à l’opéra de Göteborg. L’architecte Jan Izikowitz s’est inspiré du monde de l’opéra et de la vie portuaire alentour pour faire danser les silhouettes de coques de navires, de voiles au vent, de pont et de grues pour concevoir ce bâtiment inauguré en 1994.

Opéra de Göteborg – Octobre 2020

Après un nouveau passage par la Stora Saluhallen où nous avons dégusté du saucisson de renne et de la viande séchée d’élan nous reprenons le tram pour retrouver Derful.

Göteborg est aussi connue pour son archipel. Composé de plus de huit mille îles, îlots et récif, il constitue une excursion idéale à la journée. Nous prenons le bateau à Saltholmen au bout de la ligne 11 du tramway. Le ferry qui dessert les îles est accessible avec le même ticket que les transports en commun. En moins d’une demi-heure, nous arrivons à Donsö, une île moyenne de l’archipel reliée à Styrsö par un pont. 1 500 personnes habitent Donsö toute l’année. Un tour à pied de l’île nous permet de voir la nature préservée qui entoure un centre-ville aux maisons colorées.

Donsö sur l’archipel de Göteborg – Octobre 2020

Le temps n’est pas au rendez-vous, mais nous n’avons pas le choix que de déjeuner dehors, devant la petite baraque de poisson, la Fiskeboa. Un pavé de saumon, un cake au saumon et une salade de pomme de terre nous réchauffent légèrement avant de partir à la recherche d’un café.

Fiskeboa – Octobre 2020

Nous marchons une quinzaine de minutes vers un lieu que Google Maps semble décrire comme tel. L’endroit offre un beau point de vue sur l’île et l’archipel, les lumières à l’intérieur sont allumées et des personnes sont présentes, mais rien ne ressemble tellement à un café. Nous nous apprêtons à faire demi-tour lorsqu’un homme vient nous ouvrir. Il nous confirme que le lieu n’est pas un café mais nous invite à entrer puisqu’ils ont du café. Nous nous retrouvons au milieu des bureaux d’une entreprise de transport maritime d’hydrocarbures. Leurs locaux officiels sont actuellement en réfection ; ils ont donc élu domicile dans une salle prêtée par la paroisse de Donsö. Le patron est très accueillant, nous prenons le temps de discuter, nous parlons de notre projet, de l’entreprise, de la vie sur l’île et de la gestion de la crise sanitaire en Suède. Une rencontre simple et riche qui confirme le sens de l’accueil que nous avions perçu chez les Suédois. Nous les remercions une dernière fois et reprenons notre tour de l’île avant de remonter sur le ferry qui nous dépose dans le centre de Göteborg.

Nous retrouvons Derful avant de continuer notre remontée de la côte Ouest en direction de Smögen, un petit village de pécheurs.

5 réponses à « Göteborg et son archipel, témoin du sens de l’accueil suédois »

  1. Bravo continuez c’est très bien écrit ce qui nous fait voyager avec vous bisous

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  2. Enfin lu et apprécié ce matin avant d’enfourcher mon vélo espérant être seule dans Paris, cet article me donne des ailes. C super mes chéris. Jvbfffff

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  3. bravo les jeunes c est magnifique a suivre

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  4. La Suède donne envie à « Exsis-Hymer… ça lui chauffe le moteur » Toujours de belles photos et de chouettes rencontres autour d’un café. De beaux souvenirs. Bises

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  5. et les neue frische Heringe ….. j’espère que les suédois en ont également ! une raison de plus pour y aller

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