Nous quittons Hambourg en suivant l’Elbe. C’est décidé, nous arrêtons les autoroutes pour prendre le temps de découvrir la beauté des paysages. Nous traversons la réserve naturelle au sud de la région de Melckembourg Poméranie occidentale. Les routes droites au cœur des forêts de pins parfaitement alignés nous conduisent jusqu’à Ludwigslust.
En 1764, le duc Frédéric de Melckembourg décide de transférer sa résidence principale de Schwerin à Ludwigslust et demande à son architecte de cour Johann Joachim Busch de donner un nouvel éclat à cette ville. L’architecte s’inspire du Château de Versailles pour transformer le pavillon de chasse en une demeure ducale. Les jardins à l’anglaise invitent à la promenade, évoluant entre les larges allées, les statues et les plans d’eau.

Nous reprenons ensuite la route jusqu’à Falkensee pour notre première nuit en camping sauvage sur les bords du lac Neuer See. Nous ne sommes plus qu’à quelques kilomètres de Berlin que nous visitons le lendemain matin.
Nous entrons dans Berlin par le Tiergarten. La Colonne de Victoire salue notre arrivée avant de nous présenter devant la Porte de Brandebourg. C’est à nouveau une plongée directe dans l’histoire. Cette porte, synonyme de victoires, est devenue le symbole de l’unité du nouveau Berlin et de l’Allemagne réunifiée après la chute du mur en 1989.

Après quelques pas sur l’Unter den Linden, nous découvrons le Mémorial aux Juifs assassinés d’Europe. Cet ensemble monumental de stèles grises nous impressionne par sa sobriété. En marchant dans ce labyrinthe de dalles, nous nous coupons du brouhaha de la ville et ressentons le poids de l’Histoire.
Nous traversons ensuite la Leipziger Platz et la Potsdamer Platz pour rejoindre Checkpoint Charlie. Ce point de passage frontalier entre l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest, entre Berlin Est et Berlin Ouest est encore matérialisé par la guérite américaine. Bien que le lieu soit devenu un peu kitsch sous certains aspects, une très belle exposition de photos anciennes retrace la rapidité avec laquelle les soviétiques ont construit ce mur de séparation dans la nuit du 12 au 13 août 1961. Le bloc de l’Est espère endiguer la fuite de sa population qui représente une véritable catastrophe au plan économique et philosophique pour l’Union soviétique. Cette exposition reprend également les témoignages de jeunes berlinois de l’Est tentant vainement de traverser ce mur de la haine dans l’espoir de retrouver leur liberté. La plupart sont morts dans des conditions atroces au pied de cette frontière qui stigmatisme les dérives du communisme et du capitalisme.

Nous nous remettons de notre première plongée historique par une traditionnelle currywurst.

En début d’après-midi, nous rejoignons les bords du Landwehrkanal pour découvrir une autre ambiance de Berlin. Loin de l’agitation des quartiers d’affaires et touristiques, nous traversons le Kreuzberg, plus populaire, jusqu’à l’Oberbaumbrücke, symbole de la réunification depuis la chute du mur. Après avoir dégusté un bretzel de la Brezel Company (un cliché absolument pas berlinois), nous débutons la visite de la célèbre East Side Gallery, véritable galerie d’art à ciel ouvert réalisée sur une section conservée du mur de Berlin. On y retrouve notamment le très célèbre Baiser Fraternel de Dmitri Vrubel. Cet ensemble d’œuvres de cent dix-huit artistes retrace les évolutions politiques des années 1989/1990.



Bretzel Company – Octobre 2020
Nous poursuivons notre chemin sur l’Holzmarktstrasse et l’Alexanderstrasse jusqu’à Alexanderplatz. La Tour de la télévision domine ce symbole de Berlin Est. Sur cette place, la République Démocratique Allemande tentait de rivaliser avec l’Allemagne de l’Ouest par une architecture à l’esthétique socialiste, rénovée aujourd’hui. C’est aussi le lieu de la plus grande manifestation anti-gouvernementale de l’histoire de l’Allemagne de l’Est, le 4 novembre 1989.

Nous traversons ensuite le Spree devant la cathédrale de Berlin pour remonter l’Unter den Linden jusqu’au Tiergarten où nous attend notre cher Derful. Une dernière photo du palais du Reichstag de nuit et nous quittons Berlin avec un sentiment partagé. La pluie et la situation sanitaire européenne n’ont sûrement pas aidé à la découverte d’une ville riche d’histoire mais à l’esthétique architecturale complexe. L’ambiance festive de Berlin, souvent vantée, n’est, de fait, pas au rendez-vous actuellement. Comme aime le dire Mathilde : « Berlin c’est bon, mais c’est moche ».

Après deux nuits passées à côté de Berlin, nous remontons vers le nord pour embarquer à Rostock, direction Trelleborg en Suède.












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