Amsterdam, la première étape d’un projet un peu fou

Il faut sûrement être un peu fou pour se lancer dans un projet de tour du monde durant la période actuelle. Partir un an à la découverte de pays qui semblent, tour à tour, se refermer sur eux-mêmes au nom de la santé face à l’épidémie de la Covid-19 est osé. Nous mûrissions l’idée de ce tour du monde bien avant la crise sanitaire et, comme nous sommes tous les deux parfois un peu têtus, nous avons souhaité poursuivre vers notre but. Nous devons nous adapter, faire des concessions et des choix nouveaux pour mener à bien cette aventure.

En juin, nous nous sommes posés la question de repousser notre congé sabbatique dans l’attente d’une situation plus clémente, mais cette perspective ne nous réjouissait guère : « si nous faisons cela nous risquons de ne jamais partir ». Au-delà de cette pensée, nous espérions, comme beaucoup, une amélioration globale. Pourtant, au fil des mois rien ne semble vraiment changer. Avec la crise, l’Indonésie a fermé ses frontières et la mission humanitaire que nous devions effectuer à partir du mois d’octobre a été, de fait, repoussée. Le premier temps de notre tour du monde tombait quelque peu à l’eau et nous devions réagir.

Au cours d’une discussion avec Mathilde, je lançais une idée un peu farfelue : « et si nous essayions de relier deux des Caps de l’Europe en van ? » Mathilde a tout de suite accroché. Nous avions adoré ce mode de voyage en Ecosse en 2019. Repartir pour un tour plus long cette fois-ci ne nous faisait pas peur, bien au contraire. Après un tour d’horizon des agences de location de van pour un trajet au long cours, nous choisissons un fourgon aménagé chez We Van. Le leitmotiv de cette agence nous plait beaucoup : Drive your adventure. C’est exactement dans cette perspective que nous sommes. Nous partons avec la ferme ambition d’être acteur de ces aventures qui s’ouvrent à nous. L’Europe est un formidable terrain de jeu. La libre circulation entre les pays de l’espace Schengen est maintenue malgré la situation sanitaire actuelle ; autant d’opportunités à explorer.

Le van maintenant réservé, il nous faut décider du trajet. Objectif : relier le Cap Nord et le Détroit du Bosphore depuis Paris, le tout en deux mois et demi. Un projet peut-être ambitieux, mais faisable, sur le papier tout du moins. Nous souhaitons découvrir les pays que nous ne connaissons pas encore. Les premières destinations sont choisies : Amsterdam, puis Hambourg avant de remonter vers le Cap Nord par le Danemark et la Norvège. La redescente se fera par la Suède, les pays Baltes et puis nous aviserons en temps voulu. Ok pour le trajet, il ne reste plus qu’à partir.

Drive our adventure commence… Merci Aliénor pour la photo – Octobre 2020

Le samedi 10 octobre signe le grand jour : nous retrouvons l’équipe de We Van dans leurs locaux à Montrouge, notre van est garé devant. Il nous plait immédiatement. Aliénor, ma sœur, est venue vérifier que nous serions bien logés durant les deux prochains mois et pense au moral de Mathilde en nous offrant des fromages de notre fromagerie préférée, Quatrehomme. Les formalités sont signées, l’état des lieux est fait, nous pouvons y aller. Un dernier détour par la porte de Vincennes et nous voilà partis ! Amsterdam nous attend, nous y serons dans cinq bonnes heures.

Juste avant le départ nous avions eu un petit éclair de génie : nous savons que les Pays-Bas sont ouverts, mais existe-t-il des restrictions pour rester sur le territoire. La seule obligation est de pouvoir présenter une preuve de réservation d’un logement. Afin de nous conformer à cette contrainte, nous réservons un emplacement dans un camping en bordure d’Amsterdam pour les deux prochaines nuits. Au-delà de la simple bonne idée, nous avons également appris par la suite que le camping sauvage était interdit aux Pays-Bas. Nous commençons donc l’acclimatation dans notre nouvelle maison roulante par un peu de confort. Nous avons l’électricité, l’accès à des douches et de l’eau à disposition. Malgré un petit problème technique vite résolu dans le van, nous passons une première nuit au calme et paisible.

Situé à une vingtaine de minutes en tramway du centre d’Amsterdam, le camping est idéalement placé pour visiter la ville. Nous débutons dès le dimanche matin par le musée de la Maison Anne Frank. La visite commence par une présentation faite par un historien passionné qui permet de replonger dans cette sombre époque. Nous rentrons ensuite dans la fameuse maison divisée entre la partie bureaux et la partie cachée. Durant toute la visite nous sommes très silencieux, marqués par la force de ces lieux et l’horreur vécue par la famille Frank pendant ces deux années de confinement. La redécouverte des lettres d’Anne Frank nous rappelle à l’humilité et nous permet de remettre très largement en perspective ce que nous avons pu vivre avec la crise sanitaire. Nous nous sentons d’autant plus concernés que les prochaines étapes de notre tour d’Europe pourraient nous mener en Pologne sur les sites des camps de concentration et plonger un peu plus encore dans les traces de la deuxième guerre mondiale.

A la suite de cette visite, nous marchons à travers les ponts et les canaux avant de rejoindre le restaurant Avocado Show, un endroit bon et beau pour un brunch pas tout à fait typique mais qui vaut le détour.

Bien que le temps ne soit pas tout à fait au rendez-vous, nous profitons du calme et du charme de cette ville. Le temps d’un instant, nous oublions un peu la Covid. Le masque n’est pas obligatoire en extérieur et le remettre en intérieur est devenu un réflexe auquel nous avons appris à nous conformer. Les hollandais nous accueillent bien volontiers et nous croisons d’autres français qui semblent profiter de ces mesures moins contraignantes qu’à Paris. Nous parcourons les principaux quartiers, à la découverte des petites ruelles et des spécialités culinaires hollandaises. Une fois le plein de goudas de la fromagerie De Kaaskamer fait pour les prochaines semaines, nous terminons notre virée touristique par un café bien mérité chez Katsu.

Une derrière ballade à travers le Quartier Rouge et nous trouvons sur le ton de l’humour le nom de notre van. Il s’appellera Derful parce que nous espérons évidemment que notre tour d’Europe soit vanderful/wonderful. Il s’avère qu’en anglais « derful » signifie « déroutant ». Un nom parfaitement adapté aux perspectives de notre voyage : acceptons d’être déroutés de notre chemin pour mieux découvrir les pays que nous traverserons.

Quartier Rouge d’Amsterdam – Octobre 2020

Cette première étape marque le début de nos aventures européennes et de leurs rebondissements. Demain, direction Hambourg pour entamer notre remontée vers le grand Nord.

4 réponses à « Amsterdam, la première étape d’un projet un peu fou »

  1. Voici un 2ème commentaire….. je ne retrouve pas le 1et
    Bref c super votre site et les photos et les textes…. Merci……de nous faire voyager aussi….

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  2. Merci beaucoup pour le partage de votre périple. Je vais vous suivre très assidûment.
    Vous nous faites voyager…et c’ est très précieux.
    Beau voyage à vous deux.
    Ps: les photos sont très belles et les textes très bien écrits. Quel régal !
    Merci encore
    Je vous embrasse ( à distance on peut)

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  3. Un peu fous 😜… beaucoup têtus !!
    Ne changez rien !

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  4. Amsterdam, belles découvertes au pays des vélos et des tulipes. Votre voyage de « Partoutailleur » promet. Bonne route. Bises

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