L’arrivée d’un enfant dans un couple transforme fondamentalement la manière de vivre. Nous nous dédions exclusivement à cet être que nous apprenons à connaître.
Pourtant, avec Mathilde, nous nous étions mutuellement promis d’essayer, dans la mesure du possible, de continuer à vivre « comme avant ». Cette promesse ne consistait pas à nier ce que nous allions vivre comme tous les jeunes parents, mais plutôt à s’autoriser à continuer de rêver. Rêver pour notre famille, rêver à trois (et à plus peut-être un jour). Rêver que nous étions capable de partager des moments forts ensemble et faire en sorte de vivre nos rêves. Par cette promesse, nous voulons nous prouver qu’un enfant n’est pas un frein dans ce que nous souhaitons entreprendre, mais qu’il peut être, au contraire, une véritable source de richesse. Il est même souvent un facilitateur de rencontres : son air curieux et attendrissant provoque toujours une émotion chez les personnes que nous croisons. Ceci est vrai d’abord en France, mais se vérifie encore davantage dans les pays qui font de la famille l’un de leurs piliers.
Ceux qui ont suivi nos aventures à travers le monde connaissent notre attachement pour l’Indonésie. Après avoir vécu 6 mois à Bali et découvert cette île grâce à notre mission auprès de l’association ANAK – Aide aux enfants d’Indonésie, nous n’avons pas hésité très longtemps avant d’envisager d’y retourner quelques semaines, accompagnés cette fois-ci de notre fils, Maël, alors âgé de 8 mois.







2021 : condensé de moments forts à Bali
Le projet peut paraître un peu fou pour beaucoup : « faire 17 heures de vol pour aller à l’autre bout du monde avec un bébé qui ne gardera probablement aucun souvenir de ce qu’il aura vécu. Vous allez, au contraire, le perturber plus qu’autre chose ! Il commence à peine à se construire que vous lui imposez déjà un poids que vous risquez de regretter par la suite ! » Nous comprenons ces remarques et les acceptons. Pourtant, grâce à notre connaissance de Bali, à nos contacts sur place, nous savons que nous pouvons relever ce challenge et envisager ce voyage de manière relativement sereine.
Les préparatifs
Nous prenons la décision de partir pour fêter une occasion unique : les 20 ans de l’association ANAK. L’événement tombe à pic, dans une période de suspension qui semble être dédiée à cela. Je change d’entreprise et j’ai 3 semaines de pause entre mes deux boulots qui s’alignent parfaitement bien avec l’anniversaire. Il est plus difficile de faire meilleur timing ! La décision de partir est donc officiellement prise au mois de décembre. Mais comme je le disais en introduction, la vie avec un enfant est nécessairement chahutée. Nous ne faisons pas exception à la règle !
Quelques mois avant le départ nous nous retrouvons démunis face à une sévère bronchiolite qui remet en cause le projet. Et comme rien n’arrive seul, nous devons faire le passeport de Maël et renouveler les nôtres. Sur ce point, je n’ai pas voulu écouter les recommandations de Mathilde qui m’avait pourtant inciter à anticiper au maximum en raison des délais que nécessite la délivrance des documents officiels. Début janvier, nous obtenons un rendez-vous pour les passeports avec la garantie (toute relative) qu’ils seront prêts pour notre départ prévu en février.
Les dernières semaines avant le départ ne sont pas de tout repos. Il faut finaliser le programme, espérer recevoir tous les documents dans les temps, prier pour que la santé de tous reste bonne et clôturer les dossiers professionnels.
Tout se déroule pour le mieux et le 24 février à 21h30 nous sommes dans l’avion, direction l’Indonésie.

2023 : départ pour Paris
Le vol se déroule sans encombre : Maël fait sa nuit comme si de rien n’était, ne se réveillant que lorsque cela est vraiment obligatoire. Il est dans le berceau devant nous, presque déjà trop petit pour lui. L’escale à Dubaï est rapide. Nous repartons pour la deuxième partie du vol, rythmée par les siestes, les temps de jeu et les repas. A deux, nous parvenons à gérer les moments plus compliqués. Il semble rassuré par notre présence et ne s’inquiète pas de ce qu’il est en train de vivre, nous voyant détendus nous aussi.





2023 : vol vers Bali
Pour la première fois en avion, nous ne regardons pas de film, ou plutôt, nous n’en terminons pas un seul. Nous profitons de ses siestes pour nous reposer aussi. Le reste du temps, nous nous occupons de Maël ou nous lisons. Résultat : nous arrivons à Bali presqu’en forme. Et c’est tant mieux parce qu’il nous faut tout de suite être au taquet.
Le voyage avec un bébé ne laisse pas beaucoup de répit. A l’arrivée, nous attendons un long moment pour récupérer nos bagages. La poussette, qui a été placée en soute au moment de l’embarquement est un bagage spécial et ceux-ci sont délivrés en dernier. Pendant ce temps, Maël a faim, doit patienter sous une chaleur et surtout un taux d’humidité nouveaux pour lui.

2023 : arrivée à Bali & attente des bagages
Le bruit, les odeurs et la langue ont changé. Il observe tout. Notre présence et notre calme l’apaisent. Une dernière formalité chronophage nous fait sortir très tardivement de l’aéroport. Cela s’avère être un petit avantage dans l’adaptation au décalage horaire. Nous arrivons à la villa que nous avons louée aux alentours de deux heures du matin, ce qui correspond à peu près au début de la nuit de Maël qui s’endort sans difficulté après avoir rapidement découvert son nouvel environnement.
De ce premier trajet en avion, nous tirons certains enseignements : partir de nuit pour permettre aux enfants de dormir (dans la mesure du possible), privilégier les escales de courte durée, profiter au maximum des temps de sieste pour se reposer et ainsi arriver le plus en forme possible. Autant de petites choses, souvent entendues, qui prennent tout leur sens avec un bébé.
La vie sur place
Sur place, la vie s’organise petit à petit. Les 3-4 premiers jours sont plus difficiles pour Maël. La chaleur écrasante lui tombe littéralement dessus. Posé sur le carrelage, il sue à grosses gouttes. Son corps régule peu à peu sa température. Il découvre rapidement les joies de la piscine et en profite au maximum. Les repas permettent de le caller sur le rythme balinais. Si le premier jour nous avons fait de rapides courses et tester les (étranges) purées industrielles indonésiennes, le passage au marché les jours suivants nous permet de reprendre nos habitudes avec des fruits et légumes frais. Il goûte ainsi à tous les fruits exotiques, du mangoustan au fruit du dragon en passant par le rambutan et évidemment la banane dans laquelle il croque à pleine dent. Dans la villa nous nous sentons comme à la maison : nous pouvons préparer des purées et des compotes tous les jours. Un vrai plus qui nous permet de conserver nos habitudes. Il n’est ainsi pas totalement dépaysé.






2023 : villa à Seminyak
Dans la journée, nous respectons son rythme habituel : sieste du matin et de l’après-midi, temps de jeu, temps calmes. Nous avons fait le choix de ne pas nécessairement faire des activités qui nous demanderaient de prendre les transports tous les jours. Nous privilégions la découverte du quartier dans lequel nous sommes et nous nous rendons à la plage tous les soirs pour observer le coucher du soleil. Un moment magique durant lequel les températures baissent, l’air de la mer nous ravive, les couleurs dansent, les chiens jouent pour le plus grand plaisir de Maël. Un moment hors du temps, suspendu, pour graver des souvenirs indélébiles en famille.








2023 : rituel du coucher de soleil
Dans l’idée de respecter le rythme de Maël, nous avions fait le choix de programmer des visites de lieux seulement tous les 2-3 jours. En effet, les temps de transports sont assez longs avec le retour du tourisme : environ deux heures à chaque fois que nous prenions la voiture. Bien que cela soit faisable avec un bébé, il faut tout de même anticiper le fait qu’il puisse s’agacé, ce qui peut vite transformer la tournure du trajet. Heureusement, nous pouvons compter sur la gentillesse des balinais et leur amour des enfants pour ne jamais nous sentir mal à l’aise. Ils sont prêts à apporter leur aide en toute circonstance.
Voici un autre point fondamental du voyage avec un bébé : faire confiance aux locaux. Ils ont aussi des enfants et peuvent vraiment être d’une grande aide. Nous le savions déjà en partant, l’Indonésie et particulièrement Bali, accorde une place importante aux enfants. Ils sont considérés comme des demi-dieux et partout où nous passons la présence d’un enfant provoque des sourires de sympathie. Dans les restaurants, même les plus petits warung, nous avons toujours eu une chaise bébé.








2023 : différents warungs ou restaurants à Bali
Les mamans balinaises veulent toutes s’occuper de Maël comme de leurs propres enfants. Combien de fois l’avons nous vu dans leurs bras. Celles que nous connaissions très bien voulaient même le garder toute la journée. C’est ainsi que Maël s’est endormi dans les bras de notre amie Sus, trop heureuse d’avoir un bébé pour elle.

2023 : Maël & Sus
Parfois cet accueil est même difficile à gérer et nos cultures peuvent s’opposer. Lors de l’événement des 20 ans de l’association, nous avons rencontré de nombreuses mamans balinaises qui attendaient de prendre Maël, quelle que soit la situation dans laquelle il se trouvait. Alors qu’il était en train de manger, elles se postaient devant nous, elles nous faisaient signe pour le prendre et restaient plantées si nous n’acceptions pas. C’est assez déroutant. Mais en expliquant calmement que ce n’est pas possible et en gardant le sourire, la compréhension revient et chacun découvre les habitudes culturelles de l’autre.



2023 : 20 ans de l’association ANAK – Aide aux enfants d’Indonésie
En s’appuyant sur l’hospitalité des balinais et en respectant le rythme de Maël, nous avons pu visiter le temple d’Uluwatu, profiter du coucher de soleil à Tanah Lot, déambuler le long de la plage à Sanur et surtout, passer quatre jours intenses dans le nord de l’île auprès des enfants et des jeunes d’ANAK. Une expérience extraordinaire dont Maël ne se souviendra probablement pas, mais qui a forgé à coup sûr son caractère.










2023 : Temple Bedugul – Temple Uluwatu – Nord de Bali – Sanur
Respecter le rythme de Maël signifiait aussi ne pas forcer lorsqu’il montrait des signes de fatigue ou d’agacement. Ainsi, le jour où nous devions rendre visite à notre filleule dans le village de Galungan, Maël n’était pas en forme. Il accusait le coup des longues journées passées en voiture et rythmées par les rencontres harassantes de nouveaux visages. Il avait besoin de faire une pause. Grâce à la maman de Mathilde, nous avons pu le laisser en toute confiance et partir à la rencontre de Yuni et de sa famille dans leur maison perdue au milieu des rizières. Une rencontre forte en émotions qui confirme notre attachement à l’association ANAK et à l’Indonésie plus globalement.



2023 : rencontre avec notre filleule Yuni de l’association ANAK – Aide aux enfants d’Indonésie
Nous avons la chance d’avoir un enfant habitué au voyage et qui se sent bien quand il est en confiance. Partout où nous sommes passés, notre présence et notre attitude détendue l’ont rassuré. Parce que nous connaissions déjà l’île, nous n’avons pas fait la course aux visites, sans être frustrés de ne pas tout voir et nous avons pu installer notre rythme quotidien comme si nous étions à la maison.
Nous disons aurevoir à nos amis balinais au cours d’une soirée chez Sus. Les regards émus et les accolades en disent long sur les liens que nous avons tissés, dans une culture où la pudeur est de rigueur. C’est un départ difficile, mais ce n’est certainement pas un adieu. Nous nous retrouverons bientôt pour partager de nouveaux moments forts (paroles de balinais).

2023 : soirée balinaise
Quelques jours avant de prendre l’avion du retour, Maël a une poussée dentaire qui le dérange un peu. Le vol n’est pas aussi reposant que celui de l’aller. Il rentre tout juste dans le berceau, les turbulences nous obligent à l’en retirer alors qu’il vient de s’endormir, nous regrettons les presque 8 heures d’escale à Dubaï dans un aéroport où les écrans sont omniprésents. Mais en s’armant de patience et en se relayant, nous parvenons à destination avec la joie d’avoir réussi ce challenge, d’avoir partagé des moments inoubliables en famille, de nous être construit des souvenirs ensemble, de nous être donné les moyens pour vivre nos rêves avec un bébé et d’avoir goûté à la richesse qu’il nous apporte en voyage.

2023 : vol retour vers la France
LES ESSENTIELS « PARTOUT AILLEURS »
Que faire ?
Sundary Day Spa – Toujours présent, 3 ans après. Une vraie institution pour profiter du fameux massage balinais traditionnel dans un cadre exceptionnel. A faire sans modération. Jalan Petitenget No.7 Kerobokan, Seminyak – +62 811-387-222
À manger ? À boire ?
Mauri Restaurant – Pour une soirée d’exception autour de la cuisine italienne. 3 ans auparavant nous l’avions testé, 3 ans après rien a changé. De la cuisine aux vins, c’est une invitation au voyage direction l’Italie. Jl. Petitenget No.100, Seminyak – +62 817-776-177
Warung Bejana Uluwatu – Un petit restaurant qui se trouve à l’entrée du temple d’Uluwatu. Cuisine indonésienne et occidentale, un bon stop kids friendly avant la visite du temple.
Jl. Raya Uluwatu Pecatu, Pecatu, Kec. Kuta Sel., Kabupaten Badung – +62 813-3733-4821
Watercress café – Un restaurant aux allures bobo pour un brunch international confectionné à partir de produits locaux.
Jl. Batu Belig No.21 A, Seminyak – +62 851-0280-8030
Warung Sobat – Un petit warung pour déguster une délicieuse cuisine indonésienne aussi bien sur place qu’à emporter. Vous ne serez pas déçus par le fameux sate ayam et sa sauce cacahuète. Jl. Batu Belig No.11 A, Seminyak – +62 812-3765-3513
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