Reprendre l’écriture du blog de notre tour du monde un an et demi après notre retour en France, c’est un peu comme repartir en voyage. Il faut se replonger dans une routine passée, faire appel à ses souvenirs pour retranscrire avec le plus d’exactitude possible ce que nous avions vécu. L’exercice n’est pas facile. Mais il est également très beau : il permet de relire ce que nous avons partager et de nous remémorer ces moments magiques.
Notre attachement pour l’Indonésie et notamment pour Bali ne s’est pas tari depuis ces mois où nous avons repris nos activités. Nous pensons toujours aux paysages découverts, aux rencontres extraordinaires, à notre vie sur place… Quoi de plus beau que de se replonger dans ces moments en prenant de la hauteur, en les observants depuis les sommets de Bali que nous avons atteints lors de deux ascensions : le Gunung (Mont) Sanghyang et le Gunung Batur.


A l’époque où nous logions à Seminyak, nous avions réservé notre villa grâce à Bali Autrement, agence de voyage qui propose des expériences insolites à travers l’Indonésie. Cette agence invite ses clients à sortir des sentiers battus pour découvrir les richesses méconnues. Nous étions, nous aussi, dans cet état d’esprit dans tous les pays que nous avons traversés et nous voulions donc renouveler l’expérience à Bali.
Après quelques recherches sur le site de Bali Autrement et surtout de leur filiale Indo Trek Aventure, nous jetons notre dévolu sur l’ascension d’une montagne peu fréquentée : le Gunung Sanghyang. Nous adaptons le parcours avec l’idée de réaliser ce trek sur la journée avec une arrivée au sommet au lever du soleil.

C’est ainsi, qu’après une courte nuit, un chauffeur vient nous récupérer vers 00h30 pour rejoindre notre guide Laurent avant de relier le point de départ du trek. Nous commençons à 3h11. La marche d’approche ne présente pas de difficulté. A la lumière de nos lampes frontales, nous évoluons sur un chemin bien tracé qui traverse les villages. Nous réveillons les chiens, peu habitués à voir du passage à une heure pareille.
Nous parcours les 5 premiers kilomètres en 1h et commençons à apercevoir l’ombre du mont. Une grande masse noire triangulaire se dresse sur notre droite. Encore un dernier virage et nous voilà au pied de l’ascension finale de 3 kilomètres. Le décor change. Nous plongeons dans une dense forêt primaire. Le chemin disparaît peu à peu, recouvert d’une végétation humide qui nous chatouille les genoux. Il fait plus frais. La pente est abrupte, ponctuée de marches et de racines qui nous coupent le passage.



La lumière change peu à peu. Il nous fait accélérer pour ne pas manquer ce que nous sommes venus chercher. Mais l’effort est intense. Mathilde doit se résigner à s’arrêter. La vue lui permet tout de même d’observer les premières lueurs qui enflamment l’horizon.
Je continue seul. A marche forcée, je parviens au sommet, non sans être essoufflé. Mais l’effort est récompensé. Je découvre un petit temple perdu au milieu de la clairière sommitale. La vue est superbe. Depuis les 2093 mètres d’altitude, je domine la mer de nuage prise dans la chaîne de montagnes du cœur de l’île des dieux. Au fond, l’œil du jour embrase les sommets alentours de reflets orangés. Je sors le drone pour capturer ce moment magique et partager avec Mathilde la récompense de sa détermination.

Je profite encore quelques minutes de ce temps suspendu avant d’entamer la descente pour retrouver Mathilde et Laurent. Le terrain est glissant. Il faut avancer prudemment. Je quitte les cimes, m’enfonce à nouveau dans la forêt et découvre les couleurs d’un décors appréhendé durant la nuit. L’environnement revêt des allures presque féériques. Les feuilles laissent filtrer une lumière tamisée faisant danser l’atmosphère au rythme des ombres et des chants des oiseaux qui s’éveillent.






Nous poursuivons à trois et retrouvons peu à peu les premières habitations. Laurent en profite pour aller en repérage de lieux d’accueil potentiels pour les prochains amateurs de trek. Nous retrouvons notre guide dans la vallée et regagnons notre villa vers 15h après avoir déjeuné sur le bord des magnifiques rizières de Pupuan.





Cette première ascension est une sacrée aventure qui nous a permis de découvrir une facette méconnue de Bali : l’île regorge de montagnes à gravir et de paysages à couper le souffle. Nous recommandons vraiment le Mont Sanghyang. Il faut peut-être un peu d’entrainement pour ce trek au niveau soutenu mais l’effort vaut le détour dans une région très très peu touristique.
Si le Gunung Sanghyang est une montagne à proprement parler, Bali est surtout connue pour ces nombreux volcans, à l’origine de la création de l’île il y a plusieurs millénaires. Les îles indonésiennes se situent, en effet, en bordure de la ceinture de feu du Pacifique et à la rencontre des plaques tectoniques australiennes et eurasiennes. Bali ne subit cependant pas directement les effets géologiques liés à sa situation géographique : les tremblements de terre sont extrêmement rares, les tsunamis quasi inexistants, mais certains volcans restent tout de même très actifs. Le plus célèbre d’entre eux, le Gunung Agung, lieu sacré des dieux balinais, est en entré en éruption pour la dernière fois les 24 et 25 mai 2019.

Au nord-ouest du Mont Agung se trouve le Mont Batur. Sa dernière éruption remonte à juin 2000. Son ascension est facilement accessible et se traduit par une fréquentation importante. Cependant, pendant la période Covid, il était possible de profiter de ce lieu sans un monde fou.
Nous réservons notre trek via le site Get Your Guide. Un chauffeur vient nous chercher à notre villa à 1h20 et nous prenons la direction du pied du Gunung Batur. Après deux heures de route, nous arrivons au camp de base de l’un des chemins d’accès au sommet. Une petite maison signale le point de rendez-vous. Nous rencontrons notre guide et après un café et un frugal petit-déjeuner, nous nous mettons en route. La lune et nos lampes frontales éclairent le chemin sur lequel nous évoluons. Rapidement, la pente devient plus raide. Nous sommes sur les flancs du volcan. Le sol devient glissant. Les petits gravillons de roche volcanique se dérobent à chacun de nos pas. Notre guide galope et nous rattrapons rapidement d’autres petits groupes partis plus tôt. Le sentier monte droit dans la pente. En levant les yeux, nous apercevons quelques lampes frontales qui progressent vers le sommet.
Après deux heures de montée, nous atteignons le cratère : un immense trou recouvert d’une végétation rase. De petites cabanes en bois ont été aménagées sur les bords du cratère. Nous sommes accueillis avec un petit-déjeuner (compris dans le tarif de l’ascension). D’autres habitants nous réservent un accueil un peu moins sympathique : de gros macaques ont pris possession des lieux, se livrant à des luttes féroces pour récupérer le petit-déjeuner des randonneurs.

Mais cela ne gâche pas notre plaisir lorsque nous voyons les premières lueurs du soleil pointer à l’horizon. L’astre du jour envoie ses rayons sur la mer au fond de ce décor majestueux. La brume de la vallée se dissipe peu à peu, laissant apparaître le grand lac Batur. Nous découvrons le Mont Agung en face de nous. En sortant le drone, nous prenons encore plus de recul. Le cratère se dévoile et nous laisse entrevoir une brèche ouverte par la dernière éruption de 2000.




Une fois le spectacle du lever de soleil terminé, nous parcourons le petit sentier qui longe le cratère. Ça et là, de petites fumeroles témoignent de l’activité du volcan. Certains guides proposent même de faire cuire des œufs directement sur ces sources de chaleur.




Il est maintenant temps de redescendre. En suivant le même chemin, nous découvrons le paysage qui nous entoure. La végétation est rare sur les flancs du volcan mais laisse place à des terres fertiles dans la vallée. Nous dévalons la pente, nous amusant des glissades que nous pouvons réaliser sur ce sol sablonneux. Dans la vallée, nous marchons entre les terres cultivées : tomates, poivrons, échalotes, oignons, nous sommes au cœur de l’une des régions les plus productives de Bali. Si les volcans alentours sont parfois craints pour leur puissance destructrice, ils offrent aussi la générosité créatrice et nourricière qui permet aux habitants de la région de vivre.







Cette seconde ascension nous a permis d’en apprendre plus sur une région que nous avions traversée mais dans laquelle nous ne nous étions pas arrêtés. Encore une nouvelle facette de l’île des dieux. Nous ne pouvons pas nous ennuyer en partant à la découverte de cette île qui regorge de richesses, géographiques, historiques, culturelles et spirituelles.
Si nous avons parcourus Bali dans son entièreté, nous savons qu’il nous reste encore beaucoup à découvrir. Nous y reviendrons dans un prochain article.
LES ESSENTIELS « PARTOUT AILLEURS »
A voir ?
Le Gunung Sanghyang – Tarif du trek pour 2 personnes : 2.200.000 IDR réservé avec Indo Trek Aventure. Tarif comprenant le transfert en voiture jusqu’au début du trek, le guide francophone, le pique-nique.
Le Gunung Batur – Tarif à partir de 462.000 IDR/personne sur le site Get Your Guide. Tarif comprenant le transfert en voiture jusqu’au pied du volcan, le guide anglophone ou indonésien, le petit déjeuner au sommet.
A découvrir ?
Bali Autrement – Agence de voyage qui propose des itinéraires sur-mesure pour découvrir Bali et l’Indonésie autrement. Site Internet : www.baliautrement.com
Indo Trek Aventure – Filiale de Bali Autrement, spécialisée dans les treks sur un ou plusieurs jours à Bali et dans toute l’Indonésie. Site Internet : indotrekaventure.com
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